J’aurais aimé comprendre la différence entre faïence et grès avant d’acheter, surtout pour éviter le délaminage

mai 6, 2026

Le bruit sec d'une plaque qui se décolle sur mon mur carrelé en faïence mate m’a glacée. Quelques mois après avoir terminé la pose, j’ai senti sous mes doigts comme si mon carrelage fondait, des plaques d’émail qui se détachaient sans prévenir. Ce moment précis a déclenché une série de découvertes et de frustrations. J’avais choisi la faïence pour son aspect esthétique et son prix abordable, sans vraiment saisir à quel point elle diffère du grès cérame, notamment sur la résistance à l’humidité et la nécessité d’un primaire d’accrochage. Si j’avais su que la faïence mate pouvait se délaminer à cause d’une pose bâclée, je n’aurais pas perdu 450 euros en matériel et surtout des semaines à tout refaire. Ce récit est celui d’une erreur qui m’a coûté cher, mais qui m’a aussi appris à ne plus jamais confondre ces deux matériaux.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas

J’avais lancé la rénovation de ma salle de bain en visant un mur carrelé en faïence mate. Le choix s’est fait surtout pour l’esthétique : j’aimais le rendu mat, doux au toucher, et puis le prix était plus accessible que du grès cérame, aux alentours de 35 euros le mètre carré pour une faïence correcte. On m’avait aussi dit que la faïence, c’était la star des murs de salle de bain, surtout en zones humides. Je pensais que ça allait tenir sans souci, surtout qu’en surface, elle semblait bien finie, avec un émail profond. Je n’ai pas cherché à comprendre plus que ça la nature précise du matériau, ni ses limites techniques.

Pour la pose, j’ai fait appel à un artisan local, pas vraiment spécialiste du carrelage mais qui venait recommandé par un ami. Il a posé la faïence sans appliquer de primaire d’accrochage, un geste que je n’ai découvert que bien plus tard être indispensable sur ce type de faïence mate. Sur le moment, tout semblait nickel, le mur était bien droit, les joints propres, et pas un signe visible d’accroc. J’ai même trouvé ça plutôt rapide, la finition donnait un aspect uniforme, sans défaut apparent. Je me suis dit que c’était une bonne affaire, d’autant que le temps passé sur le chantier n’a pas dépassé 3 jours. J’étais plutôt contente du résultat visuel, sans soupçonner le moindre problème.

La première fois que j’ai eu un doute, c’était en nettoyant le mur avec de l’eau chaude, environ 5 semaines après la pose. En passant un chiffon, j’ai senti un léger décollement sous la main sur une petite zone. Ça faisait un bruit un peu creux, et la surface semblait moins dense. Sur le coup, je n’y ai pas prêté beaucoup d’attention, pensant que c’était un résidu de colle ou un effet passager. J’ai essuyé, et tout semblait tenir. Ce signal là, je l’ai clairement ignoré, faute de savoir que c’était un avertissement de délaminage en train de s’installer. Je n’ai pas demandé d’avis ni fait appel à un professionnel pour vérifier. Ce qui devait être un détail mineur s’est transformé en un vrai problème.

Trois mois plus tard, la surprise du délaminage qui s’étale

Au bout de trois mois, les plaques de faïence sur mon mur ont commencé à se décoller franchement par endroits. Les zones proches de la douche, exposées à l’humidité permanente, étaient les plus touchées. Au toucher, c’était détestable : la surface s’effritait, lisse mais fragile, donnant une impression que le carrelage allait littéralement se désagréger sous la pression. La sensation de fragilité était palpable, comme si le mur perdait son émail, cette couche protectrice censée assurer la durabilité. J’ai vu apparaître des éclats, des micro-fissures qui n’étaient pas là au départ et qui laissaient deviner un problème plus profond qu’un simple défaut esthétique.

Je me suis mise à douter, complètement perdue face à ce phénomène. J’ai cru d’abord que c’était la colle qui avait mal pris, ou que le carrelage lui-même était de mauvaise qualité. Le doute m’a rongé pendant plusieurs semaines, parce que je ne comprenais pas comment un produit vendu pour une salle de bain pouvait se dégrader aussi vite. J’ai même pensé qu’il y avait eu un défaut à la fabrication. Ce sentiment d’impuissance était frustrant, surtout que je voyais l’état du mur empirer à chaque nettoyage. J’ai commencé à éviter de passer trop d’eau dessus, ce qui n’était pas une vraie solution.

Concrètement, ça a été la galère. Le carrelage était abîmé, et nettoyer le mur devenait risqué, car un passage trop appuyé faisait tomber des éclats. J’ai dû envisager un nouveau chantier pour tout refaire, avec un budget estimé à 700 euros au minimum pour les matériaux et la main d’œuvre. Le temps perdu s’est chiffré à plus de deux semaines, entre le diagnostic, le démontage et la nouvelle pose. En plus de la frustration, j’ai eu la sensation d’avoir gaspillé de l’argent et du temps pour un résultat qui ne tenait pas la route. J’aurais pu éviter ça si j’avais mieux compris les différences entre faïence et grès cérame dès le départ.

Ce que j’aurais dû vérifier avant de choisir la faïence mate

La première chose que je n’avais pas comprise, c’est que la faïence est un produit céramique émaillé, beaucoup plus poreux que le grès cérame. Cette porosité la rend sensible au gonflement latent quand elle est exposée à l’humidité, surtout en version mate. Ce phénomène induit des micro-fissures qui fragilisent la couche d’émail et provoquent un délaminage progressif. Le grès cérame, de son côté, est cuit à très haute température, ce qui réduit sa porosité et augmente sa résistance à l’eau et au gel. C’est ce qui explique pourquoi il est régulièrement privilégié pour les sols ou les zones très humides.

Un autre point que j’ai appris à mes dépens, c’est que l’absence de primaire d’accrochage sur faïence mate est un piège classique qu’on ne vous explique jamais, et qui provoque un délaminage lent et destructeur. Le primaire sert de couche d’accroche entre le support et la faïence, empêchant que l’humidité s’infiltre entre les couches et provoque le soulèvement de l’émail. Sans ce traitement, l’eau passe, la colle perd son adhérence, et le carrelage finit par se décoller en plaques. Ce détail technique m’a coûté 450 euros de faïence, plus la main d’œuvre perdue, parce que l’artisan qui a posé le carrelage ne l’a pas appliqué, et je ne l’ai pas vérifié.

Avant la pose, il y avait aussi des signaux d’alerte que je n’ai pas repérés, alors qu’ils auraient dû me mettre la puce à l’oreille :

  • Une surface mate qui paraît plus fragile et poreuse, contrairement à un grès cérame plus dense
  • L’absence de recommandations claires du fabricant sur l’usage ou la nécessité d’un primaire d’accrochage
  • La nature du support : un mur non préparé ou mal nettoyé avant la pose favorise les problèmes
  • Le prix bas de la faïence qui cache parfois un produit moins adapté aux zones très humides

Quand j’ai démonté la faïence écaillée, j’ai vu clairement que sous l’émail, il n’y avait aucune trace de primaire, et que le carreau était franchement poreux. Ça m’a confirmé que j’étais passé à côté de l’essentiel. Ce que je croyais être un simple carrelage décoratif s’est révélé être une surface fragile, exposée à un délaminage inévitable si on ne respecte pas les étapes de préparation.

Ce que je ferais différemment aujourd’hui, avec ce que j’ai appris

Depuis cette expérience, ma façon d’aborder le choix entre faïence et grès cérame a radicalement changé. Pour les murs exposés à l’humidité, je privilégie désormais le grès cérame, même si le budget est plus élevé, parce que sa densité et sa résistance à l’eau valent largement l’investissement sur le long terme. Pour la faïence mate, je suis devenue intransigeante sur l’application systématique d’un primaire d’accrochage. Ce geste technique élimine presque complètement le risque de délaminage, même si la faïence reste plus fragile que le grès.

J’ai aussi appris à vérifier la qualité du carrelage avant achat, en posant les bonnes questions sur la porosité, la cuisson, et les recommandations de pose. Je ne laisse plus passer une pose sans que l’artisan confirme la mise en place du primaire, ni sans un support parfaitement préparé. J’ai compris que beaucoup de problèmes viennent d’une mauvaise préparation, pas forcément du carrelage lui-même. Poser les questions qui fâchent, c’est devenu mon réflexe pour éviter de revivre la même galère.

À ceux qui hésitent encore entre faïence mate et grès cérame, je raconte ce qu’on ne vous dit pas : la faïence mate, c’est joli, mais c’est un produit fragile, qui se délamine si vous ne soignez pas la pose. Le délaminage est sournois, il commence par un léger décollement qu’on ne sent pas tout de suite, puis ça s’étale, ça s’abîme, et au final, vous payez des dizaines voire des centaines d’euros pour refaire un mur que vous croyiez durable. Le grès cérame demande un nettoyage spécifique pour éviter un voile blanchâtre lié aux résidus de joint, mais il tient nettement mieux dans le temps, surtout dans une pièce d’eau.

Laure Aubert

Laure Aubert publie sur le magazine Bain Spa des contenus consacrés à l’aménagement de la salle de bain, au spa à domicile et aux choix pratiques liés au confort intérieur. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux comprendre leurs options.

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