Le dessous du repose-pied était froid contre le carrelage, et l'odeur de bois humide m'a prise dès la porte fermée. Depuis la banlieue de Nantes, je suis partie pour 30 jours tester ces trois repose-pieds dans ma salle de bain, chez moi, avec mon compagnon, sans enfants. En tant que rédactrice spécialisée en aménagement intérieur et bien-être à domicile, j'ai posé un modèle brut, un verni et un huilé, tous achetés chez Leroy Merlin Atlantis. J'avais envie de voir lequel marquait le moins quand la pièce restait fermée après le bain.
Comment j'ai organisé ce test dans ma salle de bain sans aération
Ma salle de bain fait 5 m². Elle n'a ni fenêtre ni VMC, et je ferme la porte après chaque douche. J'ai relevé 22 °C au thermomètre mural et la majorite d'humidité après le dernier bain du soir. On vit à deux, mon compagnon et moi, et la pièce prend vite la vapeur. Avec mon compagnon, sans enfants, j'ai gardé le même rythme d'usage pendant tout le mois.
J'ai choisi trois repose-pieds en bambou lamellé-collé, chacun en 35 x 25 cm et 2 cm d'épaisseur. Le brut est resté nu, le verni a reçu deux couches de vernis polyuréthane, et le huilé a pris une huile pour bois d'extérieur. Ma Licence en design d'intérieur (Université de Nantes, 2013) m'a appris à regarder la finition autant que la forme. Depuis mes années comme Rédactrice spécialisée en aménagement intérieur et bien-être à domicile, je sais que la face cachée raconte autant que le dessus.
Pendant 30 jours, j'ai gardé le même rituel. Chaque soir, après la douche, je laissais les trois pièces au sol, sans les essuyer à chaque fois. J'ai seulement donné un coup de chiffon léger au verni au début, puis j'ai arrêté, pour rester dans un usage normal. Je n'ai pas déplacé les repose-pieds, et je les ai laissés collés au carrelage mouillé après plusieurs bains.
J'ai noté chaque signe sur mon carnet, puis j'ai pris des photos au jour 7, 15 et 30. Le CSTB et l'ADEME m'ont servi de garde-fous simples sur l'humidité des pièces fermées, sans que je parte dans un discours théorique. Mon protocole était simple : garder les mêmes conditions pour les trois, parce que je voulais comparer le traitement, pas le dessin. Dans mon travail de rédactrice spécialisée en aménagement intérieur et bien-être à domicile, j'ai l'habitude de traquer les détails qui se cachent dessous.
Ce que j'ai vu et senti au fil des semaines dans cette salle de bain humide
Au bout de 7 jours, je n'ai vu aucune tache visible sur le dessus. En revanche, quand je me suis penchée, l'odeur de bois humide montait déjà sous le brut et sous l'huilé. Le verni, lui, restait neutre, sans cette petite note de renfermé qui m'a piquée au nez. Je me suis sentie moins tranquille dès ce moment, parce que la face cachée réagissait avant la face visible.
Au jour 15, les premiers points noirs ont été nets sur le brut. J'ai trouvé des marques de 2 mm dans les rainures, puis d'autres de 3 mm autour des patins antidérapants en silicone. Sur l'huilé, j'ai vu deux points gris près d'une jonction, bien plus discrets, mais déjà là. Les taches ont commencé au fond du fil du bambou avant de gagner une latte entière, et c'est là que j'ai vraiment regardé le dessous comme il le fallait.
Je suis devenue plus attentive au toucher. Sur le brut, certaines zones ont pris un aspect poisseux, et mes doigts accrochaient un peu sur les bords. J'ai aussi senti un léger gonflement, juste assez pour casser la netteté des lignes. L'huilé gardait une surface plus lisse, mais il avait déjà terni, alors que le verni restait sec et propre sous la main.
Le jour où j'ai retourné les trois pièces pour les nettoyer, je me suis retrouvée avec le vrai tableau. Sous le verni, je n'ai pas vu de tache, mais j'ai senti une odeur de bois humide très claire. Sous le brut, les points noirs étaient plus avancés, et la face cachée montrait déjà le noircissement le long des collages. J'ai été frappée par ce décalage entre le dessus rassurant et le dessous chargé d'eau.
Le noircissement des assemblages lamellés-collés s'est vu d'abord au ras des collages, puis sur une couture plus sombre après les cycles mouillé et séché. Les patins en silicone ont gardé l'humidité sous le repose-pied, et je l'ai senti chaque fois que je le soulevais après une douche. Quand je l'ai laissé contre un mur une nuit, la marque est revenue au même endroit le lendemain. Je suis rentrée de ce test avec une vraie méfiance pour tout ce qui bloque l'air dessous.
| traitement | premier signe observé | état au jour 30 |
|---|---|---|
| brut | points noirs au jour 15, odeur sous la face cachée | taches visibles, bord un peu gonflé, toucher moins lisse |
| verni | odeur au jour 21, sans tache visible | surface nette, pas de déformation visible |
| huilé | points gris au jour 18, sous une jonction | ternissement modéré, dessous encore marqué |
Pourquoi le traitement fait toute la différence, même si rien n'est parfait
Le verni m'a paru former la barrière la plus nette. L'eau perle mieux, et les fibres boivent moins vite. L'huile laisse un rendu plus naturel, mais elle n'empêche pas l'humidité d'entrer un peu dans les rainures. Le bambou brut, lui, reste le plus exposé, parce que les jonctions et les coupes gardent des traces d'eau plus longtemps.
Le CSTB m'a surtout rappelé une chose simple, et j'ai retrouvé ce schéma chez moi : dans une pièce humide, le séchage compte autant que la matière. Quand je n'ai pas essuyé le repose-pied après usage, j'ai vu les points noirs revenir plus vite dans les rainures. Quand je l'ai posé directement sur le carrelage mouillé, l'humidité est remontée par dessous. Quand je l'ai glissé contre le mur, l'air a manqué, et la trace est revenue au même endroit.
J'ai aussi vu mes propres erreurs, et elles m'ont coûté du temps d'observation. Je n'ai pas systématiquement séché les trois pièces, et je les ai laissées trop longtemps plaquées au sol après la douche. Le résultat a été très lisible : le bois a terni, puis il a pris de petites marques sombres. Depuis ce test, je suis devenue plus stricte sur le geste de sortie de zone humide.
Sur le brut, le problème est passé par les assemblages lamellés-collés. J'ai noté un début de décollement sur une latte, puis une microfissure près d'un angle. Je ne tire pas de conclusion médicale de ça, et je ne joue pas à la spécialiste du bois. Pour une tache qui s'étend ou une odeur qui reste après nettoyage, je passe la main à un artisan du bois ou à un professionnel du bâtiment.
Les repères de l'ADEME sur l'aération des pièces humides collent à ce que j'ai vu chez moi. Quand je laisse la porte ouverte après le bain, le dessous sèche mieux et l'odeur de renfermé recule. Quand je ferme tout et que je remets le repose-pied au même endroit, la trace revient plus vite. Mon test n'a rien de spectaculaire, mais il a montré une logique très simple.
Au bout du compte, ce que je retiens pour moi et pour vous
Au jour 30, le brut restait le plus atteint. J'avais des points noirs dans les rainures, une odeur qui revenait dès que je le retournais, et un bord un peu gonflé. L'huilé s'en sortait mieux, mais sa surface avait terni, et je repérais encore des marques sous les patins. Le verni gardait le meilleur aspect net, même si l'odeur sous la face cachée n'avait pas totalement disparu.
Pour quelqu'un qui accepte de l'essuyer après chaque bain et de le faire sécher debout, le verni m'a paru le plus stable. L'huilé reste un compromis que je trouve plus chaleureux, mais il demande un suivi régulier. Le brut, je le mets de côté dans une salle de bain peu ventilée, parce que j'ai vu sa marge de tolérance se réduire très vite. Avec mon compagnon, sans enfants, je peux garder ce rythme, mais je sais que tout le monde n'a pas cette discipline.
J'ai aussi gardé en tête d'autres matériaux, comme le plastique dur ou le composite. Le plastique m'a semblé plus simple à vivre, mais plus froid sous le pied. Le composite garde un aspect plus tranquille, sans me faire oublier le séchage. Je ne vais pas plus loin sur le choix technique, et pour une moisissure qui gagne un joint ou une odeur qui persiste, je préfère laisser un spécialiste du bois regarder.
Mon verdict rejoint le repère du CSTB et ce que j'ai vu dans ma salle de bain de 5 m² : sans séchage immédiat ni air qui circule, le bambou marque vite. Le repose-pied en bambou a besoin d'être sorti de la zone humide après chaque bain et laissé debout, sinon les taches noires, les odeurs et le petit gonflement arrivent sans attendre. Le verni a gagné chez moi, le huilé a tenu un peu mieux que le brut, et le brut a perdu le plus vite.


