Mal choisir mon rideau trop court m’a coûté une flaque au sol à chaque douche, et je ne voyais pas pourquoi

juillet 7, 2026

Le rideau de douche battait contre mes jambes, et le carrelage brillait déjà près du tapis. À Leroy Merlin Atlantis, à Saint-Herblain, j'étais sûre de moi devant un modèle crème, trop joli, trop léger, trop court. En tant que rédactrice spécialisée en aménagement intérieur et bien-être à domicile, j'étais convaincue qu'il tiendrait sans histoire. Depuis la banlieue de Nantes, j'ai roulé quarante minutes pour cette course inutile, et l'erreur m'a coûté 47 € et 3 semaines de sols humides.

Le jour où j'ai compris que ça ne marchait pas

Je vivais alors dans un appartement ancien, avec une salle de bain étroite et une tringle déjà posée assez haut. On vit à deux, mon compagnon et moi, sans enfants, et chaque centimètre comptait dans cette pièce. Mon budget restait serré, alors j'avais cherché un rideau simple, sans me demander si la hauteur du bac allait jouer contre moi. En 10 ans de pratique, j'ai vu que ce genre de détail finit par reprendre toute la place.

J'ai choisi un rideau à 29 €, léger au toucher, avec un motif discret qui me plaisait bien. Je suis partie du magasin avec l'impression d'avoir réglé la question, et je suis rentrée chez nous presque fière de mon achat. Je n'avais pas pris de doublure intérieure, ni regardé si le bas tombait vraiment dans le receveur. Ma Licence en design d'intérieur (Université de Nantes, 2013) m'avait appris les proportions, pas à ce point de paresse de mesure.

Au bout de deux douches, je me suis retrouvée à repousser le tissu avec le genou. Le rideau se plaquait contre mes jambes, puis bougeait tout seul avec le courant d'air chaud. Il claquait légèrement contre le bac, et je me suis sentie bête de le trouver encore joli à sec. Le problème ne faisait pas de bruit énorme, juste un petit frottement humide qui m'agacait déjà.

Puis j'ai vu les premières petites gouttes sur le carrelage, alignées près du tapis. Le bas du rideau restait mouillé et laissait tomber des gouttes régulières en sortant de la douche, avec ce bruit de "ploc" que je n'ai pas aimé du tout. Le rideau rentrait vers l'intérieur au lieu de rester droit, et un espace de quelques centimètres s'ouvrait là où le jet rebondissait. Je n'ai pas compris tout de suite, mais l'eau passait déjà sous le rideau.

Trois semaines plus tard, la surprise qui ne s'arrêtait pas

Trois semaines plus tard, la flaque revenait au même endroit, pile au bord du tapis de bain. Je l'essuyais à chaque passage, puis elle réapparaissait après la douche suivante, comme si le sol avait gardé la mémoire du problème. Le tapis restait humide, et je devais le sécher tous les jours avant de marcher pieds nus. Ce n'était pas énorme, mais c'était assez pour me faire lever les yeux au ciel.

J'ai vérifié les joints, le siphon, puis la ventilation, parce que je pensais encore à un petit souci d'humidité ailleurs. J'ai passé du temps à regarder le receveur, le mur, les angles, sans rien voir de clair. Le CSTB me revenait en tête, avec ses repères sur les zones humides, mais là je regardais surtout de travers. Je suis rentrée un soir et j'ai soulevé le tapis de bain par réflexe.

En dessous, le sol était mouillé au même endroit récurrent. Ce point de fuite revenait près d'un coin du receveur, là où l'ourlet du rideau ne couvrait plus assez. Le rideau était trop court en largeur, et il laissait les côtés de l'ouverture un peu trop exposés. Le jet frappait juste là, puis l'eau filait vers le carrelage au lieu de retomber dans le bac.

J'ai fini par comprendre que la flaque n'était pas un caprice du sol. C'était une micro-fuite invisible, faite de petites projections répétées, pas d'un gros filet d'eau. Une ligne humide apparaissait d'abord sur le tapis de bain, puis une vraie flaque suivait. J'avais cru à un problème d'étanchéité pendant des jours, alors que le vrai coupable restait ce rideau mal placé.

Ce que j'aurais dû vérifier avant de choisir ce rideau

J'aurais dû regarder la longueur réelle par rapport au rebord du bac, pas seulement la photo sur l'étiquette. J'ai compris trop tard qu'un rideau peut paraître correct suspendu, puis devenir trop court dès que l'eau le plaque et que le tissu remonte un peu. J'aurais dû mesurer en situation, rideau posé, tringle fixée, bac devant moi. Le petit manque de 7 cm m'a paru ridicule, puis il a laissé passer l'eau à chaque douche.

La matière comptait autant que la longueur. Un rideau trop léger sans doublure intérieure se déplace vite, colle au corps, puis se soulève avec l'air chaud. Quand j'ai testé pendant une semaine un modèle plus dense, avec une doublure lourde et des aimants en bas, le bas du tissu est resté mieux en place. J'ai compris là que le poids changeait la manière dont l'eau rebondissait, bien plus que le dessin du tissu.

La largeur jouait aussi. Le mien couvrait le centre, mais il laissait les côtés un peu ouverts, et l'eau passait par les extrémités. J'avais sous-estimé ces quelques centimètres de côté, alors qu'ils faisaient tout. Le rideau rentrait vers l'intérieur au moindre courant d'air, et l'ouverture restait exposée juste au pire endroit. Dans l'esprit des repères du CSTB sur les zones humides, ce n'était pas grand-chose, mais c'était assez pour salir le sol.

La hauteur de la tringle m'a aussi piégée. Je l'avais trouvée jolie, un peu haute, presque aérienne, et j'ai payé ce choix en éclaboussures. Avec une pose plus basse, le rideau aurait couvert davantage le receveur. Là, il s'arrêtait trop haut au-dessus du rebord, et le jet trouvait un passage tout tracé.

  • Acheter un rideau seulement pour son aspect, sans contrôler la longueur réelle au-dessus du bac.
  • Prendre un tissu trop léger, sans doublure intérieure ni bas alourdi.
  • Monter la tringle trop haut pour l'effet visuel, puis découvrir que l'eau passe dessous.
  • Laisser des côtés trop ouverts, alors que les gouttes filent par les extrémités.

La facture qui m'a fait mal, et ce que j'ai appris en réparant tout ça

J'ai fini par remplacer le rideau par un modèle plus long à 29 €, puis par une doublure à 18 €. Le total de 47 € m'a semblé idiot pour un simple morceau de tissu, mais c'est ce que j'avais laissé traîner. J'ai aussi dû faire descendre la tringle de quelques trous, et cette petite correction a pesé plus que l'achat lui-même. J'avais misé sur le joli rendu, pas sur le bon usage.

Le pire, c'était le temps perdu. Pendant 12 minutes après chaque douche, je passais un torchon sur le carrelage, puis je re-regardais le coin du tapis. Sur 3 semaines, ça m'a laissé une petite lassitude qui tenait plus de l'irritation que du drame. Ce genre de routine vide la tête pour rien, et je trouvais ça franchement pénible.

L'humidité récurrente laissait aussi une trace invisible. Le sol restait glissant par endroits, et mon compagnon a manqué de poser le pied au mauvais endroit une fois en sortant. Ce n'était pas un accident, juste une alerte sèche, mais ça m'a refroidie. Le matin, je voyais encore la ligne humide avant même la vraie flaque, et ça m'a saoulée.

Quand j'ai enfin rentré le bas du rideau un peu dans le receveur, tout a changé d'un coup. J'ai senti que le tissu retombait mieux, et les gouttes ne terminaient plus au même endroit. Le rideau restait mieux tenu, la doublure lourde aidait, et les aimants en bas l'empêchaient de partir de travers. J'aurais dû faire ce test dès le départ, au lieu de m'entêter avec un modèle qui n'était pas fait pour cette salle de bain.

Ce que je ferais différemment si c'était à refaire

Depuis mes années comme rédactrice spécialisée en aménagement intérieur et bien-être à domicile, je sais qu'une mesure très simple évite par moments le pire choix. J'aurais pris le temps de vérifier la longueur avec le rideau déjà suspendu, puis de le laisser toucher un peu le bac. J'aurais aussi regardé son comportement mouillé, pas seulement son allure sèche. Entre un tissu qui tombe bien et un tissu qui protège bien, j'avais confondu les deux.

J'aurais aussi accepté de payer un peu plus pour un modèle plus lourd, avec doublure intérieure et bas mieux tenu. La différence ne tenait pas à l'élégance, mais au calme retrouvé après la douche. Quand l'eau reste du bon côté, le sol cesse de me rappeler mon erreur. Le prix paraît plus doux quand on arrête d'essuyer la même tache tous les jours.

Avec mon compagnon, sans enfants, notre rythme à deux m'a aussi appris la patience, ou plutôt son manque. Je croyais gagner du temps en prenant le premier rideau acceptable, et j'ai perdu plusieurs soirées à courir après une flaque. Mon travail de rédactrice spécialisée en aménagement intérieur et bien-être à domicile m'a appris des proportions, pas la tolérance à l'à-peu-près. Là, j'ai fini par mesurer à mes dépens que le détail le plus banal faisait le plus de dégâts.

Si l'humidité était restée malgré le rideau plus long, j'aurais laissé un artisan regarder le receveur, parce que la pente ou le sol sortaient alors de mon champ. Pour quelqu'un qui accepte de payer 47 € et de reprendre la pose, le sujet semblait presque simple après coup. Moi, je n'ai gardé que la gêne du carrelage mouillé chez Leroy Merlin Atlantis, et le regret d'avoir ignoré un rideau trop court qui m'a gâché 3 semaines.

Laure Aubert

Laure Aubert publie sur le magazine Bain Spa des contenus consacrés à l’aménagement de la salle de bain, au spa à domicile et aux choix pratiques liés au confort intérieur. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux comprendre leurs options.

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