Mon avis sur le tadelakt plutôt que le carrelage dans une douche à l’italienne

mai 17, 2026

Je m’appelle Laure Aubert. Je vis en banlieue de Nantes, en couple et sans enfant, et c’est dans cette vie-là que j’ai compris pourquoi le tadelakt pouvait remplacer le carrelage dans une douche à l’italienne. Le déclic n’a rien eu de théorique : un matin froid, la vapeur a glissé sur un mur encore humide chez nous. Dans le showroom Mercadier, j’avais déjà vu la matière. Mais c’est à la maison, dans notre salle de bain de 4,8 m², que le choix a pris tout son sens. Ma licence en design d’intérieur, obtenue à l’Université de Nantes en 2013, m’a rendue méfiante face aux surfaces trop lisses.

Le jour où j’ai vu la matière vivre

Quand j’ai lancé la rénovation, je n’attendais pas un décor parfait. Je voulais une douche plus douce à l’œil, avec moins de joints à nettoyer et une présence plus calme sous la lumière. J’avais fixé un budget global de 7 000 € pour l’ensemble, alors je regardais chaque poste avec sérieux. Depuis 10 ans, j’écris comme rédactrice spécialisée en aménagement intérieur et bien-être à domicile. Je sais donc qu’une salle de bain se juge surtout au quotidien.

Au départ, j’avais le carrelage en tête. C’était net, rassurant, prévisible. Puis l’artisan m’a montré un nuancier de chaux teintée et une finition plus veloutée. J’ai commencé à comparer cela à une faïence sage, avec ses coupes et ses joints. Ce qui m’a parlé, c’est la continuité. Dans une douche à l’italienne, je préfère un plan d’un seul tenant à une surface qui découpe le regard.

Le vrai déclic est arrivé un matin de février, vers 8 h 10. Le soleil bas a accroché une micro-irrégularité. Rien de spectaculaire, juste une petite ombre qui donnait du relief à la paroi. J’ai cessé de voir un mur. J’ai vu une matière. Cette irrégularité-là faisait plus de place au regard que trois rangées de carreaux impeccables.

Le tadelakt change un peu avec l’humidité du matin. Il se voile, puis se tend à nouveau dans la journée. J’ai rarement vu ça avec un carrelage, qui reste froid dans sa logique. Dans une salle de bain, cette variation légère suffit à changer le rythme de la pièce.

Ce qui m’a fait changer d’avis sur le carrelage

J’aimais le carrelage parce qu’il me semblait rationnel. On voit vite si les lignes sont droites, si le calepinage tient, si la pose est propre. Mais dans une douche à l’italienne, cette netteté m’a paru trop dure à vivre tous les jours. J’ai fini par sentir les joints comme une grille visuelle. Dans un espace intime, je veux du calme, pas une trame qui saute aux yeux au moment de me laver.

Deux points m’ont retenue. Le premier, c’est le support : avec le tadelakt, le mur doit être préparé avec un soin presque maniaque. Sinon, la moindre irrégularité ressort sous la lumière et sous l’eau. Le second, c’est l’étanchéité des angles et des reprises autour de la zone de douche. Je me suis appuyée sur les repères du CSTB pour rester prudente sur la zone humide. J’ai compris que la beauté du tadelakt tient d’abord à la base, pas à la finition seule.

Ce que j’ai découvert après coup, c’est que le tadelakt supporte mal l’approximation. Si le support n’est pas bien préparé, si la surface manque de planéité, si les angles sont bâclés, la matière le montre sans pitié. L’entretien n’a rien d’automatique comme sur une faïence classique. De mon côté, j’accepte de passer un chiffon après certains usages. En revanche, je le déconseille à quelqu’un qui veut zéro geste en plus. Là, le carrelage garde l’avantage.

J’ai eu un vrai moment de tension le soir où une zone du mur a paru plus mate que le reste après le deuxième séchage. J’ai cru que la finition avait tourné. L’artisan m’a expliqué que la prise n’était pas encore uniforme et qu’il valait mieux laisser respirer la pièce 48 heures rideau de douche ouvert, porte entrouverte. Le lendemain, la nuance s’est calmée à la lumière du matin. Cette attente m’a appris la différence entre beau et facile.

Ce que j’ai aimé au quotidien, et ce qui fatigue

Chez nous, la douche sert presque tous les jours, deux fois quand le rythme est serré. La paroi prend vite sa part de projections. Après le rinçage, je vois les gouttes glisser puis laisser une trace plus claire sur certaines zones, surtout là où l’eau frappe de biais. Le tadelakt vieillit chez moi avec une petite patine, pas avec une fatigue sale. Je préfère cela à un mur qui garde l’air neuf pendant 6 mois puis devient banal.

Ce que j’aime le plus, c’est le silence visuel. Les murs ne coupent pas la pièce en carrés, et la douche semble plus enveloppante, presque plus haute qu’elle ne l’est. Au toucher, la surface garde une douceur mate qui me change d’un carrelage trop froid au réveil. Ce n’est pas un effet décoratif. C’est un confort de fond, surtout quand je sors de l’eau et que la pièce n’a pas ce côté clinique.

Le point faible, je ne vais pas l’édulcorer, c’est l’attention au quotidien. J’évite les produits agressifs et les gestes brusques. Je vérifie plus vite une tache ou une auréole que sur de la céramique. J’ai accepté cette vigilance parce que ma salle de bain reste petite et que j’aime voir la matière vivre, mais je sais que cela peut agacer quelqu’un qui veut tout oublier dès qu’il a tiré le rideau.

Après 10 ans à publier des articles sur les salles de bain, au rythme de 15 textes par an, j’ai fini par distinguer ce qui tient du coup de cœur et ce qui tient du temps. Les repères de l’ADEME sur l’humidité intérieure m’ont confortée sur un point simple : une pièce humide doit respirer. Chez nous, j’ouvre grand après la douche et je laisse la porte entrouverte, surtout les jours de pluie à Nantes. Ce petit réflexe change la tenue du mur, sans drame ni grand discours.

À qui je le recommande, à qui je l’évite

Je le recommande à quelqu’un qui cherche une salle de bain artisanale, chaleureuse et peu lisse. Je pense à un couple sans enfant, avec un budget de 7 000 €, une pièce proche de 5 m² et l’envie d’accepter une surface vivante. Je pense aussi à une personne seule qui veut une ambiance spa, prend 5 minutes pour essuyer la paroi après usage et aime voir les matières changer avec la lumière. Pour ce type de profil, le tadelakt donne une vraie cohérence au projet.

Je le déconseille franchement à quelqu’un qui veut un entretien sans discussion, un chantier rapide ou une finition qui reste identique pendant 20 ans. Si chaque euro compte, si la pièce sert à 4 personnes le matin et que personne n’a envie de surveiller les traces, le carrelage reste plus cohérent. Je pense aussi aux locataires ou aux gens qui changent plusieurs fois de projet : le tadelakt prend tout son sens quand on s’installe pour de bon.

Entre les deux, j’aurais retenu un grand format céramique avec très peu de joints, ou un enduit minéral plus sobre. Ce sont les solutions que je regarde quand je veux garder un mur calme sans entrer dans la maintenance plus fine du tadelakt. Je les trouve moins charnelles, plus sages, mais je comprends leur logique quand la facilité passe avant la matière. Dans une salle de bain pensée pour la patine, je choisis encore le tadelakt.

Mon verdict est simple : je choisis le tadelakt pour une douche à l’italienne quand le projet est pensé avec soin, du support à l’étanchéité, et quand l’on accepte une vraie présence de la matière. Pour moi, à Nantes, avec notre 4,8 m² et un usage à deux, il gagne parce qu’il donne de la douceur et du relief. Je le refuse seulement pour quelqu’un qui veut oublier la salle de bain dès qu’il ferme la porte. Dans le doute, je reviens toujours au même repère : si la base n’est pas impeccable, le carrelage restera plus sûr.

Laure Aubert

Laure Aubert publie sur le magazine Bain Spa des contenus consacrés à l’aménagement de la salle de bain, au spa à domicile et aux choix pratiques liés au confort intérieur. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux comprendre leurs options.

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