Mon avis sur le sauna infrarouge face au traditionnel à 90 degrés

mai 18, 2026

Un soir de janvier à Saint-Herblain, près de la route de Vannes, le sauna infrarouge m’a cueillie dès la poignée froide. J’avais marché 3 km, le dos raidi, et je relisais une note du CSTB sur le confort thermique. Je suis Laure Aubert, rédactrice spécialisée en aménagement intérieur et bien-être à domicile, en couple et sans enfant, installée en banlieue de Nantes. J’ai vite compris que je comparais deux usages, pas deux gadgets. Le 90 degrés me promettait l’épreuve. La chaleur douce m’a donné envie de revenir.

Le soir où j’ai préféré la chaleur douce

Je suis entrée dans une cabine Harvia C150 avec cette fatigue sèche qui arrive après une journée trop longue devant l’ordinateur, puis en voiture, puis à pied sous un vent froid. J’avais le cou serré, la nuque dure, et je cherchais moins un exploit qu’un relâchement net. L’infrarouge a pris l’avantage parce que je n’ai pas eu à me préparer mentalement comme pour une pièce à 90 degrés. J’ai fermé la porte et attendu que mon dos cesse de tirer.

Avant d’essayer cette cabine à la maison, dans notre logement de Rezé, j’imaginais encore que le sauna traditionnel restait la vraie référence. J’avais en tête la chaleur dense d’un club de bien-être de la rue Crébillon, avec cette impression d’air plein qui oblige à rester présente. Ma licence en design d’intérieur à l’Université de Nantes, obtenue en 2013, m’a appris à regarder un équipement par son usage réel, pas par le discours autour. Et là, franchement, j’ai vu que le débat dépassait la température affichée.

Les premières minutes m’ont surprise par leur netteté. La chaleur infrarouge ne m’a pas sauté au visage. Elle s’est posée sur moi par couches, d’abord au niveau du dos, puis sur les jambes, avec une sueur qui arrivait sans la morsure de l’air brûlant. J’ai senti ma respiration rester plus libre, là où le 90 degrés me pousse à raccourcir mes inspirations. Le bois gardait une odeur sèche, et le petit voyant orange du minuteur me donnait un repère très concret. Ce genre de détail compte quand on teste une cabine chez soi.

Ce qui m’a surprise après plusieurs séances

Au bout de 3 séances, j’ai vu la différence la plus utile pour moi, pas la plus spectaculaire. J’entrais sans traîner, sans cette petite négociation mentale que je fais devant le 90 degrés. Je savais que 12 minutes me suffiraient pour sentir mon dos se déplier. Et je n’avais pas besoin de me prouver quoi que ce soit. Dans mon travail de rédaction, où je publie 15 articles par an pour Bain Spa depuis 2018, je vois bien que le confort qui se répète gagne plusieurs fois sur l’effet de manche.

Le point faible, je l’ai vu très vite aussi. Si j’attends une montée de sueur rapide, le sauna infrarouge me laisse un peu sur ma faim. Je sors plus calme, mais moins sonnée. par moments, j’ai l’impression que le rituel perd ce petit côté rude qui me plaît après une marche rapide ou une journée nerveuse. J’ai compris que la chaleur douce peut devenir trop sage quand j’ai envie d’un vrai basculement.

Il y a eu aussi un soir où j’ai fait n’importe quoi, oui, je sais. J’avais lancé une séance trop vite après un dîner un peu lourd. Au bout de 9 minutes, j’avais déjà une sensation de chaleur plate, avec le ventre trop présent et la gorge sèche. J’ai dû sortir avant la fin prévue, prendre un verre d’eau et attendre que la gêne retombe. Depuis, je garde une vraie marge après le repas. L’infrarouge pardonne moins qu’on ne croit quand le corps n’est pas disponible.

Le côté technique m’a sauté aux yeux quand j’ai commencé à mesurer mes habitudes plutôt que mon courage. La cabine a besoin d’un préchauffage de 12 minutes chez moi, et les parois montent plus vite que l’air ne devient lourd. Je n’ai pas cette impression d’humidité collante que je ressens dans un sauna classique, ni ce souffle coupé qui me pousse à compter les secondes. La chaleur arrive plus directement, presque au niveau des muscles, et c’est pour ça que je peux y revenir après le travail sans bloquer toute ma soirée.

Ce qui m’a fait changer d’avis sur le mot confort, c’est le silence. Pas de vapeur qui claque, pas de montée de respiration forcée, juste cette chaleur propre qui laisse ma peau rouge sans la brusquer. J’ai trouvé ça plus reposant que je ne l’aurais cru. J’ai arrêté de confondre confort et mollesse. Pour moi, la vraie bascule s’est faite là, dans ce calme-là.

Là où le 90 degrés reste plus exigeant

Le sauna traditionnel garde une vraie valeur à mes yeux parce qu’il ne fait pas semblant. À 90 degrés, je sais dès l’entrée que je vais m’asseoir autrement, respirer autrement, accepter une chaleur qui prend tout le buste d’un coup. Il y a une densité que je ne retrouve pas ailleurs, et ce côté rude me plaît quand je veux une séance courte, marquée, presque cérémonielle. J’en sors moins détendue dans le sens doux du terme, mais plus secouée, comme après un effort qui compte.

Dans ma vraie vie, cette exigence me freine quand je rentre tard à la maison, vers 19h40, avec encore des notes à finir et le repas à gérer avec mon compagnon. Je n’ai pas toujours l’énergie de me lancer dans une chaleur qui demande de l’acceptation avant même de commencer. Le 90 degrés me donne envie d’un cadre clair, d’une séance pensée à l’avance, alors que l’infrarouge glisse plus facilement dans une soirée ordinaire. C’est là que je vois la différence entre un plaisir qu’on programme et un plaisir qu’on garde sous la main.

Après 10 ans de travail rédactionnel à Nantes, je me méfie des jugements trop rapides, parce que j’ai vu passer des attentes très différentes chez les lectrices qui me lisent. Certaines cherchent une expérience dense. D’autres veulent quelque chose qu’elles peuvent refaire deux fois par semaine sans se lasser. Pour les premières, le 90 degrés garde une vraie logique. Pour les secondes, il finit par ressembler à une bonne idée qu’on remet au week-end, puis au mois suivant. Le corps n’a pas tous les mêmes seuils, et je le vois mieux quand je compare les retours.

J’ai aussi gardé en tête les repères de l’ADEME sur la sobriété des usages à domicile, parce qu’une cabine qui reste allumée pour rien n’a aucun intérêt à mes yeux. Je reste prudente sur tout ce qui touche au médical, et si une personne a une grossesse, des malaises répétés, un souci cardiovasculaire ou un doute franc, je l’oriente vers un professionnel de santé avant toute séance. Là, je ne joue pas à la spécialiste, je préfère rester carrée. Le sauna n’est pas un test de bravoure.

Mon verdict : pour qui oui, pour qui non

Pour qui oui

Je conseille plutôt le sauna infrarouge à un couple sans enfant qui veut une routine simple après 20h, avec 12 minutes faciles à caser et une fatigue du dos à calmer sans se faire violence. Je le garde aussi pour quelqu’un qui accepte une chaleur douce, qui cherche une pratique régulière et qui veut une cabine discrète dans une salle d’eau déjà serrée. Je le trouve enfin plus juste pour une personne qui aime rentrer chez elle sans devoir récupérer une heure entière après la séance.

Pour qui non

Je laisse le 90 degrés à ceux qui aiment le rituel net, la montée qui prend tout de suite et le sentiment d’avoir traversé quelque chose de marqué en 8 minutes. Je le préfère aussi pour une personne qui cherche une sensation plus dense, presque sportive, ou qui veut que la séance fasse partie du plaisir autant que du résultat. En revanche, si la chaleur te coupe le souffle, si tu veux quelque chose de posé après une journée déjà lourde, ou si l’achat à domicile te laisse avec un budget serré et peu de place, je passe mon tour et je regarde plutôt un hammam plus humide, une séance ponctuelle en spa, ou l’infrarouge en usage régulier.

Mon verdict est simple : je choisis le sauna infrarouge pour ma vraie vie, parce qu’il me donne une chaleur que je reviens chercher sans marchander avec moi-même, alors que le 90 degrés reste une belle séance d’exception. Pour quelqu’un qui accepte de transpirer sans spectacle, qui a besoin d’une pause simple après le travail et qui cherche un usage régulier, je trouve l’infrarouge plus honnête. L’autre m’impressionne encore, mais il me demande trop d’énergie pour mon rythme de semaine. À Rezé comme à Saint-Sébastien-sur-Loire, je préfère rentrer chez moi un peu plus légère, pas épuisée par la cabine.

Laure Aubert

Laure Aubert publie sur le magazine Bain Spa des contenus consacrés à l’aménagement de la salle de bain, au spa à domicile et aux choix pratiques liés au confort intérieur. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux comprendre leurs options.

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